Chaque année au Togo, le 8 mars est marqué par des pagnes colorés, des messages de « bonne fête » et des célébrations diverses. Pourtant, derrière cette ambiance festive qui s’installe progressivement dans les habitudes, beaucoup semblent oublier l’essentiel : le 8 mars n’est pas une fête. Il s’agit avant tout d’une journée de commémoration et de sensibilisation consacrée aux droits des femmes.
Le 8 mars correspond à la Journée internationale des femmes, une date reconnue à travers le monde pour mettre en lumière les droits des femmes et les inégalités qui persistent encore entre les sexes. Cette journée vise à valoriser les contributions des femmes dans tous les domaines de la société, mais aussi à rappeler les combats menés pour l’égalité.
L’origine de cette journée remonte à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. À cette époque, de nombreuses femmes se mobilisent pour réclamer de meilleures conditions de travail, le droit de vote et l’égalité des droits. Ces mouvements marquent le début d’une mobilisation internationale en faveur de l’émancipation des femmes.
En 1910, lors de la deuxième Conférence internationale des femmes socialistes organisée à Copenhague, la militante allemande Clara Zetkin propose l’instauration d’une journée internationale dédiée aux femmes. La proposition est adoptée à l’unanimité par les participantes. L’année suivante, en 1911, la première Journée internationale des femmes est célébrée.
Depuis, le 8 mars est devenu un symbole mondial de la lutte pour les droits des femmes et de la quête pour l’égalité entre les sexes. Cette journée permet de rappeler les progrès accomplis, tout en attirant l’attention sur les défis qui demeurent.
Dans plusieurs pays du monde, le 8 mars est marqué par des conférences, des débats publics, des ateliers et des manifestations. Ces activités permettent de sensibiliser la population aux inégalités persistantes et de promouvoir des actions concrètes en faveur de l’égalité.
Cependant, au Togo comme dans certains pays africains, l’esprit initial de cette journée semble progressivement s’éloigner de son objectif premier. Au fil des années, le 8 mars est devenu pour certains une occasion de festivités. Des pagnes commémoratifs sont produits chaque année avec différents slogans, tandis que les messages de « bonne fête » se multiplient.
Dans certains foyers, ne pas souhaiter une bonne fête du 8 mars à sa femme peut même provoquer des tensions. Pour certaines personnes, cette journée est désormais perçue comme une sorte de fête des mères, avec des attentes de cadeaux et de présents.
La montée en puissance des réseaux sociaux accentue également ce phénomène. Sur WhatsApp notamment, des groupes féminins organisent des rencontres dans les bars ou les restaurants autour de repas et de boissons, vêtues du pagne du 8 mars. Si ces moments peuvent être des occasions de convivialité, ils donnent aussi l’impression que l’aspect militant de cette journée est relégué au second plan.
Pour de nombreux observateurs, il devient donc nécessaire de revenir à l’essentiel. Le 8 mars doit rester avant tout une journée de réflexion, de sensibilisation et d’engagement pour l’égalité entre les femmes et les hommes.
Car derrière les pagnes, les messages et les festivités, la réalité demeure. Dans de nombreuses sociétés, les femmes continuent de faire face à des discriminations et à des inégalités dans les domaines professionnel, social et familial.
La Journée internationale des femmes ne devrait donc pas être réduite à une simple célébration. Elle doit rester un moment de prise de conscience collective et un appel à poursuivre la lutte pour une société plus juste et plus égalitaire.
