Le tribunal provincial de Bioko a condamné, le 27 août 2025, Baltasar Ebang Engonga, ancien directeur de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF), à huit ans de prison ferme pour détournement de fonds publics, blanchiment d’argent et enrichissement illicite. Il devra également s’acquitter d’une amende de 125,4 millions de francs CFA, selon des informations rapportées par Jeune Afrique.
Arrêté en octobre 2024, Baltasar Ebang Engonga, considéré comme un proche du président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, avait été placé au cœur d’un scandale mêlant détournement de fonds et comportement indécent en milieu professionnel. L’enquête avait révélé qu’il aurait détourné plus d’un milliard de francs CFA au détriment de l’État.
Mais l’affaire avait pris une tournure encore plus choquante lorsqu’il avait été accusé d’avoir tourné des vidéos pornographiques dans les locaux mêmes de l’administration publique. Les enquêteurs ont découvert sur son ordinateur plus de 400 vidéos à caractère sexuel explicite, impliquant notamment des femmes mariées, des jeunes femmes et des travailleuses du sexe. Ces révélations avaient provoqué une vive réaction sur les réseaux sociaux en 2024 et suscité l’indignation d’une large partie de l’opinion publique.
Ce verdict marque un tournant important dans la lutte contre la corruption et les abus de pouvoir en Guinée équatoriale, bien que certains observateurs restent sceptiques quant à une réelle volonté de réforme au plus haut niveau de l’État.
