vendredi, 18 septembre 2026

L’affaire des deux réalisateurs français détenus au Togo connaît un nouveau développement sur le terrain judiciaire. Au cœur de la défense, Me Martial Akakpo, avocat au Barreau de Lomé, accompagne les deux ressortissants français ainsi que leur fixeur togolais depuis les premières étapes de la procédure.

Les deux Français, qui participaient au tournage d’un épisode de la série documentaire Les Routes de l’impossible destinée à France 5, avaient été interpellés le 27 juillet dernier dans le nord du Togo, alors qu’ils réalisaient des prises de vues dans la préfecture de Binah.

D’abord soupçonnés d’espionnage, ils avaient été interrogés au commissariat de Kara avant d’être placés en résidence surveillée dans leur hôtel. Leurs téléphones, passeports et matériel de tournage avaient également été saisis.

C’est dans ce contexte que Me Martial Akakpo intervient pour assurer leur défense. Selon les informations rapportées par Le Monde, le procureur de Kara avait, après examen du dossier, décidé de libérer les deux Français. Ils auraient toutefois été arrêtés de nouveau dans la foulée, sans qu’une explication supplémentaire soit alors communiquée, rapporte l’avocat.

Les deux hommes ont finalement été transférés à Lomé le 4 août avant d’être présentés au parquet le 17 août, en compagnie de leur fixeur togolais.

La procédure porte désormais notamment sur des faits qualifiés de « fausses déclarations » par les autorités togolaises. Le gouvernement affirme que des éléments recueillis au cours de l’enquête justifiaient l’ouverture de poursuites.

Contacté par l’Agence France-Presse, Me Martial Akakpo a indiqué que ses clients ne reconnaissent aucun fait.

Pour la défense, les réalisateurs étaient engagés dans une mission professionnelle et disposaient d’une autorisation de tournage délivrée le 19 juin 2026 par le ministère togolais chargé du Tourisme, de la Culture et des Arts.

La question de la portée exacte de cette autorisation se trouve ainsi au centre des divergences entre les autorités et l’équipe de tournage. Le gouvernement estime notamment que le document ne couvrait pas certaines zones où les intéressés se sont rendus.

De son côté, la société de production affirme que l’équipe était en règle et qu’elle aurait dépassé une zone qui lui avait été déconseillée, par inadvertance.

Reporters sans frontières soutient également cette version, estimant que les trois hommes avaient effectué des démarches préalables et que rien ne permettrait, selon l’organisation, d’établir qu’ils auraient volontairement effectué de fausses déclarations.

Au-delà de la procédure judiciaire, Me Martial Akakpo a également alerté sur la situation médicale de l’un des réalisateurs.

Selon les informations rapportées par plusieurs médias, une demande d’évacuation sanitaire à l’étranger avait été formulée pour l’un des deux Français. L’avocat avait indiqué que cette demande avait été refusée malgré des recommandations médicales.

Reporters sans frontières a par la suite demandé aux autorités togolaises d’autoriser une évacuation sanitaire urgente, faisant état de problèmes de santé importants chez l’un des réalisateurs.

Me Martial Akakpo n’est pas un nouveau venu dans le paysage juridique togolais. Avocat au Barreau de Lomé depuis 1988, il est notamment spécialisé dans le contentieux international des affaires, le droit des investissements et l’arbitrage. Il est également associé au cabinet SCP Martial Akakpo & Associés.

Dans cette affaire sensible, son intervention intervient alors que le dossier prend une dimension dépassant le seul cadre judiciaire. L’arrestation des deux Français intervient en effet dans un contexte de relations devenues plus complexes entre Lomé et Paris.

Pour l’heure, la défense maintient sa position : les trois mis en cause contestent les faits qui leur sont reprochés. La procédure judiciaire suit son cours à Lomé.

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