À seize ans, je me suis retrouvée enceinte, une grossesse non désirée. Mes parents étaient furieux et mon petit ami, du même âge, refusait d’assumer. Au bord du désespoir, j’ai vu une lueur d’espoir en la personne de ma belle-mère.

Elle m’a accueillie chez elle, me disant que ce n’était pas une fatalité et qu’il y avait encore des solutions. Elle a demandé à mes parents l’autorisation de me laisser continuer mes études, mais ils m’avaient reniée, me considérant comme une honte. Ma belle-mère a alors puni son fils pour son manque de responsabilité, et s’est tournée vers moi avec ces mots :

« Carole, tu as fait une erreur de jeunesse. Tu en mesures les conséquences. Maintenant, tu es adulte. À toi de choisir de grandir ou de continuer à souffrir ! »

Elle a pris ma vie en main, s’occupant de moi et de mon bébé avec une tendresse infinie. Elle m’a forcée à retourner à l’école, me précisant que je n’étais pas obligée d’épouser son fils si je ne le souhaitais pas, et que mes études devaient primer avant toute nouvelle relation. Pendant que j’étudiais, elle gardait mon fils, me faisant sentir que j’avais une place légitime dans sa maison. Avec le temps, tout le monde a fini par me considérer comme sa propre fille, et je l’appelais « Maman ». Après l’obtention de mon baccalauréat, elle m’a demandé mes aspirations. « Médecin ! », ai-je répondu.

Elle m’a encouragée dans cette voie et m’a inscrite à des cours de préparation.

Aujourd’hui, je suis une chirurgienne accomplie. J’ai toujours conservé ma foi en la vie et en Dieu grâce à elle, qui me rappelait en tenant sa Bible : « Chaque fois que tu rencontreras une difficulté, n’oublie pas de te tourner vers ton Créateur. Il est capable de tout pour t’aider. »

Je n’avais pas oublié ses conseils, notamment celui de ne pas épouser son fils :

« Il est volage et peu fiable. Il te freinerait dans ta vie. Cherche un homme qui t’aime et te respecte ! »

J’ai finalement épousé un autre homme, et elle était présente, me souhaitant tout le bonheur du monde.

Notre lien n’a jamais faibli. Je l’appelais dès que j’avais un souci :

« Maman, j’ai besoin de toi ! »

Et elle accourait, sans jamais me poser de questions.

Elle est devenue la grand-mère aimante de mes enfants, nés de mon mariage.

Elle était ma confidente, mon double.

Si c’était possible, je la choisirais dans chacune de mes vies.

On m’a appelée pour lui annoncer qu’elle était malade.

Je suis à ses côtés depuis des jours. J’ai tout tenté, mais je sais qu’elle va me quitter. Elle le sait aussi.

Elle ouvre les yeux, me regarde et me sourit :

« Tu as été une fille merveilleuse pour moi. Ne pleure pas, s’il te plaît. Je vis dans ton cœur », murmure-t-elle.

« Maman !!! »

Sa main effleure ma joue d’un geste faible. Je sais que c’est la fin.

« Au revoir maman, je t’aimerai toujours ! »

Share.
Leave A Reply Cancel Reply

Exit mobile version