La cour d’appel militaire de Lomé a rendu vendredi son verdict dans l’affaire dite Madjoulba qui a tenu en haleine l’opinion togolaise depuis plus de trois ans. Après plusieurs jours de débats, l’ancien chef d’état-major général des Forces armées togolaises, le général Félix Abalo Kadangha a été condamné à trente (30) ans de prison ferme
L’officier supérieur, déjà condamné à vingt ans de réclusion criminelle en 2023 par le tribunal militaire de Lomé pour complot contre la sûreté de l’État, complicité d’assassinat et entrave au bon fonctionnement de la justice dans le cadre de l’assassinat du colonel Bitala Madjoulba en mai 2020, voit sa peine alourdie par la cour d’appel.
Le parquet militaire avait en effet estimé que les peines prononcées en première instance ne reflétaient pas la gravité des faits reprochés et avait requis des sanctions plus sévères, allant jusqu’à cinquante ans pour certains co-accusés. La cour d’appel a suivi, en grande partie, les réquisitions du procureur général.
L’affaire remonte à la nuit du 3 au 4 mai 2020, lorsque le colonel Madjoulba, alors commandant du 1er Bataillon d’intervention rapide (BIR), a été retrouvé mort dans son bureau de garnison à Lomé. L’enquête judiciaire a depuis été entachée de zones d’ombre, notamment sur les circonstances exactes du meurtre et la responsabilité des différents protagonistes, point largement débattu au cours des audiences.
La défense du général Kadangha, qui a toujours nié son implication, avait fait appel de la première condamnation, dénonçant un procès « entaché de vices de procédure » et d’un manque de preuves tangibles. Les avocats espéraient ainsi une révision du verdict ou, à tout le moins, une réduction du quantum de la peine.
