Le Togo cherche à donner une nouvelle dimension à ses relations économiques avec la Russie. À Lomé, les discussions entre opérateurs économiques togolais et entreprises russes mettent désormais l’accent sur l’investissement, les partenariats industriels, le transfert de technologies et la réalisation de projets structurants.
Réunis le 29 septembre 2026 au siège de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo), les acteurs des deux pays ont exploré plusieurs opportunités de coopération dans le cadre de la première session de la Commission mixte intergouvernementale russo-togolaise.
L’objectif affiché est de dépasser une relation fondée essentiellement sur les échanges commerciaux pour aller vers des projets productifs et des investissements de long terme.
De nouveaux investissements recherchés
Pour la CCI-Togo, le développement des échanges avec Moscou ne doit pas se limiter à l’achat et à la vente de marchandises. Le secteur privé togolais souhaite désormais attirer des capitaux, des équipements, des technologies et des compétences russes afin de développer des activités directement créatrices de valeur.
« Nous ne souhaitons pas seulement vendre et acheter ; nous souhaitons produire ensemble », a déclaré le président de la CCI-Togo, Dr José Kwassi Symenouh, devant la délégation russe.
Cette orientation ouvre plusieurs pistes : création de coentreprises, fourniture d’équipements industriels, assistance technique, transfert de savoir-faire ou encore exploitation conjointe de projets.
Le positionnement du Togo mis en avant
Pour convaincre les investisseurs russes, la partie togolaise entend également capitaliser sur les atouts logistiques du pays.
Le port en eau profonde de Lomé, les infrastructures de transport et la position du Togo au sein des espaces d’intégration économique ouest-africains constituent autant d’éléments susceptibles de faciliter l’implantation d’entreprises et leur accès aux marchés régionaux.
L’ambition est ainsi de faire du Togo une plateforme permettant à des entreprises russes de développer leurs activités en Afrique de l’Ouest.
Quatre projets au cœur des discussions
Plusieurs projets togolais ont été présentés comme des opportunités concrètes de coopération.
Parmi eux figurent notamment :
- L’Académie consulaire des métiers d’Adétikopé, axée sur la formation professionnelle ;
- la gare routière de Sokodé ;
- Le projet AgriTech d’Agbelouvé, consacré à l’agriculture intelligente ;
- Un projet de parking structuré dans le centre-ville de Lomé.
Ces initiatives offrent différents champs d’intervention aux entreprises russes, allant des infrastructures aux technologies agricoles en passant par la formation et les services urbains.
L’agriculture et la technologie comme secteurs prioritaires
Le projet AgriTech d’Agbelouvé illustre particulièrement l’ambition de développer une coopération basée sur la technologie.
Le recours à des solutions d’agriculture intelligente pourrait contribuer à moderniser les systèmes de production, améliorer la productivité et renforcer les chaînes de valeur agricoles.
Pour la CCI-Togo, la Russie peut ainsi être sollicitée non seulement pour ses capacités de financement, mais aussi pour son expertise technologique et industrielle.
« Nous ne cherchons pas uniquement des financements. Nous recherchons aussi des compétences, des technologies, des équipements, des modèles d’exploitation, des partenariats industriels et des engagements de long terme », a souligné le Dr José Kwassi Symenouh.
La formation au service des futurs investissements
La coopération économique envisagée comporte également un volet consacré au développement des compétences.
L’Académie consulaire des métiers d’Adétikopé pourrait notamment bénéficier d’une collaboration avec la Russie. Des possibilités de bourses d’études destinées à des étudiants togolais ont été évoquées lors des échanges.
Au-delà de la formation, cet axe répond à un enjeu économique plus large : disposer d’une main-d’œuvre qualifiée capable d’accompagner les futurs investissements dans les secteurs industriels et technologiques.
Vers un Conseil d’affaires Togo-Russie
La CCI-Togo souhaite également renforcer les mécanismes permettant aux entreprises des deux pays de travailler ensemble de manière plus régulière.
Elle envisage notamment un accord de coopération avec la Chambre de commerce et d’industrie de la Fédération de Russie, ainsi que la création d’un Conseil d’affaires Togo-Russie.
Une telle plateforme pourrait faciliter la mise en relation des entreprises, l’organisation de missions commerciales, le partage d’informations sur les marchés et l’identification de projets susceptibles d’accueillir des investisseurs.
Des rencontres B2B pour passer aux projets
Les discussions doivent se poursuivre le 30 septembre au Palais des Congrès de Lomé, avec des rencontres B2B sectorielles organisées dans le cadre de la Commission mixte intergouvernementale.
Cette nouvelle étape doit permettre aux entreprises d’aller au-delà des échanges institutionnels et d’identifier des partenaires et des projets concrets.
L’enjeu pour Lomé est désormais de transformer le rapprochement diplomatique et économique avec Moscou en investissements, coentreprises, transferts de technologies et nouvelles activités productives.
Pour le secteur privé togolais, cette dynamique constitue surtout une opportunité de diversifier les partenariats économiques et de renforcer les capacités locales de production. La concrétisation des projets présentés dépendra toutefois désormais de la capacité des deux parties à structurer des accords économiquement viables et à les inscrire dans la durée.

