Lomé, 2 septembre 2026 – Quinze ans déjà. Mais pour le Syndicat national des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT), le temps n’est pas à l’autosatisfaction. En célébrant son 15ᵉ anniversaire, le syndicat a surtout choisi de regarder la réalité du journalisme privé en face. Une réalité faite de précarité, de salaires insuffisants, d’instabilité professionnelle et, désormais, de profondes mutations technologiques.

Créé le 27 août 2011, le SYNJIT a marqué quinze années de lutte syndicale en faveur des journalistes indépendants et salariés du secteur privé. La cérémonie commémorative, organisée le 1er septembre au ministère de la Communication et des Médias, a réuni des professionnels des médias, des responsables d’organisations de presse et plusieurs acteurs du paysage médiatique togolais.
Mais au-delà des discours et des hommages, cet anniversaire a surtout posé une question fondamentale : quel avenir pour le journaliste du secteur privé au Togo ?
Quinze ans de combat, mais une précarité qui persiste
Le constat dressé par le SYNJIT est préoccupant. Une enquête menée entre avril et mai 2026 auprès de 69 professionnels des médias privés révèle l’ampleur des difficultés auxquelles la corporation est confrontée.
Selon les résultats communiqués par le syndicat, 91,3 % des journalistes interrogés gagnent moins de 100 000 FCFA par mois, tandis que près de la moitié déclarent percevoir moins de 50 000 FCFA. Plus inquiétant encore, 60,9 % travaillent sous des formes d’emploi précaires, notamment en CDD, à la pige, en stage ou dans le bénévolat prolongé.
À cette fragilité salariale s’ajoutent les retards de paiement et une protection sociale insuffisante. Le SYNJIT relève également que 78,3 % des journalistes interrogés estiment ne pas pouvoir rester dans le métier jusqu’à la retraite. La satisfaction professionnelle, elle, atteint un niveau particulièrement faible, avec une moyenne de 1,26 sur 5.
Ces chiffres donnent une autre dimension à ce 15ᵉ anniversaire. Ils montrent qu’après quinze années de combat syndical, la question de la dignité du journaliste demeure entière.