Plus exposés aux risques numériques en raison de la nature de leur travail, les journalistes sont aussi appelés à jouer un rôle dans la sensibilisation du public. Réunis à Kpalimé pour une formation de trois jours, des professionnels des médias sont outillés par l’Agence nationale de la cybersécurité. Une initiative qui s’inscrit dans un programme plus large de renforcement des capacités.

Entre les échanges avec les sources, le stockage des données sensibles et l’usage quotidien des plateformes numériques, les professionnels des médias figurent parmi les catégories les plus vulnérables aux cybermenaces. C’est sur ce constat que l’Agence nationale de la cybersécurité (ANCy) a ouvert, mardi 16 juin à Kpalimé, une session de formation consacrée à la cybersécurité et à l’hygiène numérique.

Cette rencontre, organisée à l’hôtel Chic Palace, constitue la deuxième vague d’un cycle de formation destiné aux acteurs des médias. Pendant trois jours, journalistes, rédacteurs en chef et responsables de presse sont appelés à renforcer leurs connaissances face à des menaces de plus en plus sophistiquées.

Au nom du directeur général de l’ANCy, le commandant Gwaliba Gbota, le directeur de la Réglementation et du Contrôle de conformité, Nangbam Didemana, a insisté sur la place particulière qu’occupent les médias dans l’écosystème numérique.

« Les cybermenaces se multiplient, se diversifient et gagnent en sophistication », a-t-il déclaré. Hameçonnage, usurpation d’identité, rançongiciels, campagnes de désinformation ou encore fuite de données figurent parmi les risques auxquels les professionnels de l’information sont confrontés.

Pour l’Agence nationale de la cybersécurité, les journalistes ne sont toutefois pas seulement des cibles potentielles. Leur proximité avec les populations et leur capacité à diffuser l’information en font également des relais de sensibilisation.

« Vous êtes à la fois des cibles et des vecteurs », a affirmé Nangbam Didemana. « Des cibles, parce que vous traitez des informations sensibles, vous communiquez avec des sources qui souhaitent préserver leur anonymat. Des vecteurs, parce que vous avez la capacité et la responsabilité d’informer, d’éduquer et d’orienter l’opinion publique. »

L’ANCy considère ainsi le secteur des médias comme un maillon essentiel dans la construction d’une culture de cybersécurité. L’objectif affiché n’est pas de former des spécialistes de l’informatique, mais d’amener les professionnels des médias à adopter des réflexes de protection dans leur pratique quotidienne et à diffuser les bonnes pratiques auprès du plus grand nombre.

Prévue jusqu’au 18 juin, la formation alterne sessions théoriques, démonstrations pratiques et exercices interactifs. Elle s’inscrit dans la stratégie de sensibilisation menée par l’ANCy auprès de plusieurs catégories socioprofessionnelles afin de renforcer la résilience numérique au Togo.

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