Le ton monte en Afrique de l’Ouest après une nouvelle prise de position du Mouvement Martin Luther King sur la situation politique au Niger et dans l’espace AES. L’organisation dénonce une pression extérieure accrue et appelle à une réaction collective. Une mobilisation continentale est désormais évoquée face aux tensions diplomatiques persistantes actuelles.
Dans une déclaration rendue publique, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) hausse le ton contre ce qu’il considère comme des ingérences répétées de l’Union européenne dans les affaires internes des États africains, notamment ceux de l’Alliance des États du Sahel (AES). L’organisation qualifie ces actions d’« inacceptables et paternalistes », pointant directement la récente résolution adoptée le 12 mars par le Parlement européen.
Cette résolution exige la libération de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum, renversé le 26 juillet 2023, ainsi que celle de son épouse et d’autres détenus. Elle appelle également à un retour à l’ordre constitutionnel avant le 2 avril 2026. Une position vivement critiquée par le MMLK, qui évoque « un ultimatum colonial et méprisant envers les autorités d’un État souverain ».
À deux jours de cette échéance, le mouvement appelle les peuples africains à la vigilance et à l’organisation. Selon le communiqué, « les peuples africains doivent se tenir prêts pour exprimer leur rejet et faire échec à ces ingérences répétées ». Une déclaration qui résonne dans un contexte régional marqué par des recompositions politiques et sécuritaires.
Le MMLK estime que cette posture européenne s’inscrit dans une logique de revanche, après le retrait progressif de certaines puissances occidentales du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Il dénonce des intérêts « économiques et géostratégiques inavoués » derrière ces prises de position, qu’il considère comme des tentatives de déstabilisation.
Dans son argumentaire, l’organisation met également en cause certaines élites africaines, accusées de complicité dans le maintien d’un système de dépendance. Elle affirme que « aucun peuple africain ne saurait rester passif face aux agissements de ces prévaricateurs ».
Tout en soutenant la dynamique souverainiste de l’AES, le MMLK rappelle néanmoins son attachement aux droits humains. Il souligne que le cas de Mohamed Bazoum relève de la justice nigérienne, tout en insistant sur « le respect strict des droits fondamentaux » et la ضرورة d’un procès équitable.
Cette sortie médiatique relance le débat sur la souveraineté, les relations internationales et l’avenir politique du Sahel.
