Afin d’éclairer les perspectives du secteur cacaoyer sur le continent, SEM Aly TOURE, porte-parole des pays producteurs au sein de l’Organisation Internationale du Cacao (ICCO), a prononcé un discours particulièrement attendu. Le rendez-vous a eu lieu le mercredi 6 mai, à la Bourse de Londres, au Royaume-Uni. Réuni par Cocoa Trade & Invest Africa et DMA Invest, avec l’accompagnement de l’Institute of Directors Africa Group, l’événement a rassemblé les acteurs majeurs du domaine pour examiner une question prioritaire : comment soutenir le financement et les investissements de la filière cacao en Afrique ?

Étaient également sur place les ambassadrices de Côte d’Ivoire, S.E. Mme Sara Amani AFFOUE, et du Ghana, S.E. Mme Sabah Zita Benson. Leur présence a renforcé davantage l’initiative commune portée par ces deux États, traduisant une détermination réelle à faire progresser durablement cette filière indispensable au fonctionnement de leurs économies.

L’intention première du forum était sans ambiguïté : obtenir des réponses à une difficulté qui dure depuis longtemps, soit l’insuffisance de ressources financières convenant à la production et aux échanges du cacao. Dans la liste des participants figuraient notamment l’ex-chef d’État ghanéen, SEM John Agyekum Kufuor, ainsi que SEM Michel Arrion, le directeur exécutif de l’ICCO, Dr Ransford Abbey, le responsable du segment cacao au Ghana, et SEM Alex Assanvo, secrétaire exécutif de l’Initiative Côte d’Ivoire-Ghana. Des acteurs majeurs issus des milieux industriel, économique et bancaire complétaient également l’ensemble.

Devant les contraintes de commercialisation des fèves et l’instabilité des prix à l’échelle mondiale, l’Ambassadeur Aly TOURE a saisi l’occasion pour mettre en avant un enjeu déterminant : la rémunération versée aux producteurs. Il a souligné que le montant payé pour le cacao, la solidité à long terme de la filière et le financement se tiennent ensemble. En pratique, la rentabilité des investissements exige une filière durable, et cette durabilité suppose un niveau de prix permettant aux producteurs de subvenir correctement à leurs besoins.

À titre de repère, le marché international du chocolat dépasse 100 milliards de dollars. Cependant, les producteurs de cacao n’en captent qu’une fraction minime : 5 à 6 % du prix d’une tablette de chocolat. Ce décalage favorise avant tout les fabricants, les acteurs du marketing et les distributeurs, tandis que les producteurs, eux, demeurent marginalisés.

Dans ce contexte, l’ICCO, conduite par SEM Michel Arrion, a mis en œuvre deux schémas stratégiques : 2019-2024 et 2024-2029. Leur objectif principal consiste à renforcer les revenus des agriculteurs, à assurer la viabilité environnementale, mais aussi sociale et économique, tout en rendant le marché plus lisible.

Pour SEM Aly TOURE, l’existence de tarifs équitables — capables d’offrir aux producteurs une rémunération correcte — demeure une condition essentielle pour que la filière continue d’exister durablement. Quand la situation financière des producteurs devient plus stable, les projets d’investissement se mettent en place plus aisément, notamment grâce à un accès facilité au financement. En bref, un prix juste représente le levier qui permet aux producteurs africains de cacao de travailler dans la dignité, tout en consolidant et en faisant progresser la chaîne de valeur sur le long terme.

Ainsi, lors de ce forum, la question du prix du cacao a été placée au cœur des échanges, car elle constitue un repère majeur pour bâtir un avenir durable pour cette industrie stratégique de l’Afrique.
