Le Cadre national de concertation pour le changement (CNCC) a tenu samedi un meeting à Lomé, réunissant plusieurs figures de l’opposition politique et des organisations de la société civile. Cette première mobilisation publique de la coalition visait à dénoncer ce qu’elle qualifie de « dérives autoritaires » du pouvoir et à appeler à un changement de gouvernance.

Parmi les intervenants, le professeur David Dosseh a dressé un tableau sombre de la situation du pays. « Le Togo est malade », a-t-il déclaré devant les manifestants, estimant que le pays souffre d’« une dictature », d’« un système de corruption endémique » et de services sociaux « en déliquescence ».
Selon lui, malgré les ressources humaines et minières dont dispose le pays, « le système actuel ne profite qu’à une minorité ». Le professeur Dosseh a également évoqué les flux financiers illicites qui, selon lui, priveraient chaque année l’État de centaines de milliards de francs CFA.
Le meeting a aussi été l’occasion pour le CNCC de critiquer la nouvelle Constitution instaurant la Cinquième République. Pour David Dosseh, cette réforme favoriserait une « monarchisation du pouvoir » et permettrait à « une même dynastie de se perpétuer ».
Face à ce qu’il considère comme une concentration excessive du pouvoir, l’orateur a salué une mobilisation qu’il juge encourageante. « On disait qu’il n’y avait plus d’opposition au Togo. Aujourd’hui, le peuple togolais a démontré qu’il est encore debout », a-t-il affirmé.
Les organisateurs se sont dits satisfaits de l’affluence enregistrée pour cette première sortie publique du CNCC, alors que les manifestations politiques ont souvent été interdites ces dernières années.
Interrogé sur la suite du mouvement, David Dosseh a insisté sur la volonté du collectif de poursuivre ses actions « par des moyens pacifiques ». Il a rappelé que la liberté de réunion est, selon lui, un droit garanti par la Constitution et non « un cadeau du pouvoir ».
Le représentant de la société civile a dénoncé les interdictions répétées de manifestations publiques observées ces dernières années au Togo, tout en affirmant que le CNCC entend maintenir la pression. « S’il faut revenir 20 fois, 30 fois, 50 fois, nous reviendrons », a-t-il lancé.
Le CNCC espère désormais élargir la mobilisation dans les semaines et mois à venir afin de fédérer davantage de citoyens autour de ses revendications politiques et sociales.