À l’occasion de l’Africa Cocoa Finance & Investment Forum (ACFIF) 2026, tenu le 26 octobre à Wall Street, à New York, l’ambassadeur ivoirien Aly Touré a porté au cœur des échanges les enjeux de la rémunération des producteurs, de la transformation locale et des partenariats internationaux. Son intervention s’inscrit dans une ambition majeure : permettre aux pays africains producteurs de cacao de tirer davantage de bénéfices d’une filière dont ils constituent un maillon essentiel.

Le cacao africain était au centre des discussions à New York. Réunis au 48 Wall Street, des responsables institutionnels, des investisseurs, des acteurs du commerce international et des représentants de l’industrie chocolatière ont pris part à l’Africa Cocoa Finance & Investment Forum (ACFIF) 2026. Cette rencontre vise à rapprocher les économies cacaoyères africaines des capitaux internationaux et à faciliter leur accès au marché américain.

Parmi les intervenants de premier plan figurait l’ambassadeur Aly Touré, représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès des organisations internationales de produits de base et porte-parole des pays producteurs de cacao au sein de l’Organisation internationale du cacao (ICCO). Son intervention inaugurale portait sur la construction de l’avenir du cacao, avec un accent sur l’amélioration des revenus des producteurs, la création de valeur ajoutée et le renforcement des partenariats mondiaux. Les producteurs doivent être au cœur de la transformation de la filière.

Aly Touré remet le revenu des producteurs au centre du débat

Derrière les enjeux de financement et de commerce international se trouve une question fondamentale : comment faire en sorte que les producteurs africains bénéficient davantage des richesses générées par le cacao ?

Pour Aly Touré, la durabilité de la filière ne peut être envisagée sans une rémunération permettant aux producteurs de vivre dignement de leur travail. Cette préoccupation rejoint le plaidoyer qu’il avait déjà porté lors de la Conférence des Nations unies sur le cacao, en février 2026, autour de la nécessité de garantir un revenu décent aux producteurs.

Le sujet dépasse la seule question du prix d’achat des fèves. Il touche à la capacité des planteurs à entretenir leurs exploitations, à renouveler les plantations vieillissantes, à faire face aux maladies et aux effets du changement climatique, mais aussi à assurer de meilleures conditions de vie à leurs familles.

La rémunération des producteurs constitue ainsi un enjeu économique et social majeur. Sans revenus suffisamment rémunérateurs, les investissements dans la productivité et les pratiques durables risquent de rester difficiles à maintenir.

Transformer davantage le cacao en Afrique

L’autre enjeu majeur mis en lumière par le forum concerne la place des pays producteurs dans la chaîne de valeur mondiale. Si l’Afrique occupe une position centrale dans la production de cacao, une part importante des activités de transformation, de fabrication du chocolat, de commercialisation et de distribution se déroule encore en dehors du continent.

Cette situation limite les retombées économiques que les pays producteurs pourraient tirer de leur matière première. Le développement de capacités locales de transformation représente donc une piste stratégique pour créer des emplois, renforcer les compétences industrielles et accroître les revenus générés sur le continent.

À travers les priorités portées par Aly Touré, la question est de faire évoluer le modèle économique du cacao : ne plus se limiter à l’exportation des fèves, mais développer aussi la production de dérivés, de produits transformés et, à terme, de chocolat fabriqué en Afrique.

Une telle évolution suppose toutefois des investissements dans les équipements industriels, l’énergie, la logistique, la formation et l’accès aux marchés. C’est précisément sur ces besoins que les échanges de l’ACFIF entendent mobiliser les investisseurs et les partenaires commerciaux.

New York, un rendez-vous pour attirer les capitaux et les partenaires

Le choix de Wall Street donne une portée particulière à cette rencontre. En réunissant des investisseurs, des institutions financières, des exportateurs, des transformateurs et des entreprises de l’industrie chocolatière, l’ACFIF cherche à faire émerger des partenariats concrets en faveur de la filière africaine.

Les échanges portent notamment sur le financement des entreprises cacaoyères, la gestion des risques liés aux fluctuations des prix, les opportunités d’investissement dans la transformation et l’amélioration de l’accès des produits africains au marché américain.

L’objectif est de dépasser les déclarations d’intention pour favoriser des projets susceptibles de renforcer les capacités productives et commerciales des pays producteurs. Pour les acteurs africains, l’enjeu consiste à attirer des financements de long terme, au-delà des besoins immédiats liés à l’achat et à l’exportation des fèves.

Une ambition qui exige des résultats concrets

Au-delà des rencontres et des échanges, la portée de l’ACFIF New York 2026 se mesurera à sa capacité à favoriser de nouveaux investissements, à faciliter les relations entre producteurs et acheteurs et à soutenir la transformation locale.

Le défi reste important : améliorer durablement les revenus des planteurs, renforcer la compétitivité des entreprises africaines et accroître la part de valeur conservée dans les pays d’origine.

Dans cette perspective, le plaidoyer d’Aly Touré rappelle que la performance de l’industrie cacaoyère ne saurait se mesurer uniquement aux volumes produits ou aux recettes commerciales. Elle doit également s’apprécier à travers les conditions de vie des producteurs et les retombées économiques pour les pays qui font vivre cette filière.

Le message central est donc celui d’un cacao africain qui doit rapporter davantage à ceux qui le produisent. Entre rémunération équitable, transformation locale et mobilisation des investissements, l’ACFIF New York 2026 ouvre un nouvel espace de dialogue sur les conditions d’une filière plus durable et plus profitable aux économies productrices.

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