Le Togo et le Ghana franchissent une nouvelle étape dans leur différend sur la frontière maritime. Dans un communiqué rendu public le 25 février 2026, le gouvernement togolais indique avoir reçu, cinq jours plus tôt, une notification officielle d’Accra annonçant l’ouverture d’une procédure d’arbitrage international, conformément à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM).

Cette initiative ghanéenne intervient sur fond d’un contentieux ancien. Entre 2016 et 2018, plusieurs incidents avaient été signalés dans une zone maritime non délimitée, ravivant les tensions entre les deux voisins ouest-africains. Les deux capitales avaient alors privilégié la voie diplomatique, lançant dès juin 2018 des négociations techniques à travers leurs commissions nationales des frontières maritimes.

En août 2019, à Accra, les délégations s’étaient engagées à éviter toute action en mer susceptible d’altérer le climat de coopération. Un signal d’apaisement qui laissait entrevoir une solution concertée.

En choisissant aujourd’hui l’arbitrage, le Ghana opère un virage stratégique. Lomé dit « prendre acte » de cette décision, tout en soulignant qu’elle marque une sortie du cadre bilatéral en cours. Les autorités togolaises réaffirment néanmoins leur attachement au règlement pacifique des différends et rappellent leur confiance dans les principes de « justice et d’équité » consacrés par la CNUDM.

Au-delà de l’aspect juridique, l’enjeu est aussi économique. Dans le golfe de Guinée, la délimitation des espaces maritimes conditionne l’accès aux ressources halieutiques et aux potentiels gisements offshore. L’arbitrage international pourrait ainsi redessiner l’équilibre stratégique entre deux pays liés par une histoire diplomatique dense, mais régulièrement traversée par des frictions frontalières.

À Accra, aucune déclaration officielle n’a encore accompagné cette annonce. Mais le dossier, désormais entre les mains d’instances internationales, s’inscrit déjà dans une dynamique régionale où la sécurisation des frontières maritimes devient un impératif géopolitique majeur.

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