Une onde de choc politique et militante traverse le continent africain depuis l’arrestation à Pretoria du militant panafricaniste Kemi Seba et de son fils. Depuis Lomé, le Mouvement Martin Luther King – La Voix des Sans Voix hausse le ton et interpelle directement le gouvernement sud-africain, l’Union Africaine et les peuples africains dans une déclaration ferme et engagée.
Le mouvement dirigé par le pasteur Edoh Komi exprime une solidarité totale envers Kemi Seba, figure controversée mais influente du panafricanisme contemporain. Pour le MMLK, cette arrestation dépasse le cadre judiciaire et pose une question fondamentale sur la liberté d’expression politique en Afrique. À sa famille et à ses partisans, le message est clair : l’Afrique consciente observe et soutient.
Le MMLK rappelle que malgré les divergences d’opinion, Kemi Seba a joué un rôle clé dans l’éveil politique de la jeunesse africaine. De la dénonciation du Franc CFA à la critique des présences militaires étrangères, en passant par la relecture de l’histoire africaine, son combat a contribué à nourrir des débats désormais centraux sur le continent.
Dans un passage particulièrement fort, le mouvement interpelle l’Afrique du Sud en invoquant son propre passé. Le pays de Nelson Mandela, symbole mondial de la lutte contre l’oppression, est appelé à se souvenir de son histoire. Le parallèle est direct : hier, des figures comme Nelson Mandela étaient emprisonnées pour des motifs similaires. Aujourd’hui, un Africain est arrêté pour des questions de frontière, héritage direct de la conférence de Berlin de 1884.
Pour le MMLK, cette situation est inacceptable. Le mouvement dénonce une contradiction historique majeure et évoque même un retour symbolique de logiques d’exclusion sur le continent. L’idée d’un Africain considéré comme étranger en Afrique est jugée contraire aux aspirations panafricaines et aux engagements de l’Union Africaine.
Trois exigences principales sont formulées avec insistance. La libération immédiate et sans condition de Kemi Seba et de son fils. L’abandon des poursuites liées à leur statut migratoire. Et enfin la garantie de leur sécurité physique et morale.
Mais au-delà de la libération, le MMLK adresse un avertissement direct à Pretoria concernant une éventuelle extradition vers le Bénin. Le mouvement considère les accusations portées contre Kemi Seba comme relevant d’un conflit politique interne. Il appelle l’Afrique du Sud à ne pas céder à des pressions extérieures et à rester fidèle à son héritage de terre d’asile pour les combattants de la liberté.
Selon cette déclaration, extrader le militant panafricaniste reviendrait à trahir l’histoire du continent, à fragiliser la sécurité des opposants africains et à renforcer des divisions héritées de la colonisation.
Le ton est grave, le message est clair. Pour le MMLK, cette affaire dépasse un simple dossier judiciaire. Elle pose la question de l’Afrique que veulent construire les Africains. Une Afrique des frontières héritées ou une Afrique unie par son histoire et ses luttes communes.

