L’élection, qui s’est tenue lors d’une séance plénière à Lomé, marque le retour sur le devant de la scène politique d’une figure expérimentée du parti au pouvoir, Union pour la République (UNIR).
Sans véritable suspense, Komi Sélom Klassou a recueilli la quasi-unanimité des suffrages exprimés. Sur les 113 députés que compte le parlement togolais, 109 ont pris part au vote et ont accordé leur confiance à l’ancien chef du gouvernement. Il succède ainsi à Kodjo Adédzé, appelé à d’autres fonctions au sein de l’appareil d’État.
Dans son discours d’investiture, le nouveau président du parlement a exprimé sa « profonde gratitude » envers ses collègues députés et a promis de « servir avec impartialité et dévouement, dans l’intérêt supérieur de la nation ».
« L’Assemblée nationale doit être un espace de dialogue constructif, de contrôle et de propositions pour accompagner le développement du Togo », a-t-il déclaré sous les applaudissements des députés.
Né en 1960 à Notsé, Komi Sélom Klassou est professeur d’université et docteur en géographie. Il a occupé plusieurs portefeuilles ministériels avant d’être nommé Premier ministre de 2015 à 2020, sous la présidence de Faure Gnassingbé.
Connu pour sa rigueur et sa discrétion, il a également été premier vice-président de l’Assemblée nationale entre 2007 et 2015, avant son passage à la primature.
L’arrivée de Klassou à la tête du parlement intervient dans un contexte institutionnel marqué par la mise en œuvre de la Ve République togolaise, adoptée en 2024. Cette nouvelle phase politique confère un rôle accru au parlement, notamment dans le contrôle de l’action gouvernementale et la validation des réformes structurelles.
Selon plusieurs observateurs, cette élection vise à renforcer la stabilité politique et à consolider la cohésion au sein du parti majoritaire. « C’est un choix de continuité, mais aussi d’expérience. Klassou connaît parfaitement les rouages de l’État », estime un analyste politique basé à Lomé.
En prenant la tête de l’institution, Komi Sélom Klassou devra relever plusieurs défis : modernisation du travail parlementaire, renforcement du dialogue entre majorité et opposition, et accompagnement des réformes économiques et sociales.
Les attentes de la société civile sont également fortes, notamment sur les questions de transparence, de bonne gouvernance et de participation citoyenne.
Avec cette élection, le Togo ouvre une nouvelle page de sa vie parlementaire, plaçant à sa tête une personnalité expérimentée, appelée à jouer un rôle clé dans la consolidation des institutions de la Ve République.

