Réunie ce jeudi à Lomé dans le cadre de la Journée mondiale de la santé, l’Union des organisations non gouvernementales du Togo (U.ONG.TO) a lancé un message fort aux autorités. L’organisation dénonce un sous-financement chronique du secteur sanitaire. Elle appelle à une mobilisation urgente pour renforcer durablement le système de santé national.
Les statistiques présentées par l’U.ONG.TO révèlent une tendance préoccupante. Après un pic à 8,8 % en 2023, la part du budget national consacrée à la santé a chuté à 4,8 % en 2025, loin des engagements internationaux.
Cette situation empêche d’atteindre le minimum requis pour garantir un paquet de soins essentiels à la population. « Nous sommes encore loin des standards nécessaires pour protéger efficacement les populations », a averti Gado Bemah.
Au-delà du financement, plusieurs défis structurels subsistent. Le manque de personnel de santé qualifié, dont le ratio reste largement inférieur aux normes de l’OMS, constitue un obstacle majeur.
De plus, la forte dépendance aux paiements directs des ménages expose les populations à des risques financiers importants. Les maladies infectieuses continuent également de peser lourdement sur les dépenses de santé.
Pour l’U.ONG.TO, l’augmentation du budget de la santé est essentielle pour améliorer l’accès aux soins, renforcer les infrastructures sanitaires et garantir la disponibilité des médicaments.
Elle permettra également d’élargir la couverture de l’assurance maladie universelle et de mieux prendre en charge les maladies prioritaires comme le VIH, le paludisme et la tuberculose.
« Mettons la santé au cœur de l’agenda de développement pour un système plus juste et plus protecteur », a insisté Gado Bemah.
Le Togo a néanmoins enregistré des avancées notables, notamment dans l’accès aux soins et la lutte contre certaines maladies. L’assurance maladie universelle en cours de déploiement constitue un signal fort de l’engagement de l’État.
Mais pour l’U.ONG.TO, ces efforts doivent s’accompagner d’un investissement accru. L’organisation appelle le gouvernement, le ministère des Finances et les parlementaires à faire de la santé une priorité stratégique, condition indispensable pour un développement durable et inclusif.
