TradeMark Africa (TMA), en partenariat avec les cabinets Afrik’act et Tradesmart, a donné le coup d’envoi d’une campagne de sensibilisation et de formation dédiée aux femmes, aux jeunes et aux personnes en situation de handicap engagés dans le commerce transfrontalier sur le corridor Abidjan–Lagos. C’était lundi à Aného à environ 45 kilomètres de Lomé, la capitale togolaise. Cette initiative s’inscrit dans le projet « Femmes et Jeunes dans le Commerce » et découle des recommandations issues de l’atelier de validation tenu le 8 août 2025 à Lomé avec l’ensemble des parties prenantes.
Au Togo, les échanges commerciaux informels au-delà des frontières reposent en grande partie sur les femmes, qui représentent environ 70 % des commerçants transfrontaliers. Leur activité, centrée sur les produits agricoles, les textiles et divers articles manufacturés, constitue une ressource vitale pour de nombreuses familles et contribue à la sécurité alimentaire et à la lutte contre la pauvreté. Pourtant, ce secteur clé reste confronté à des difficultés persistantes.

Le manque d’accès au financement, l’insuffisance d’informations sur les politiques commerciales régionales et la prévalence des pratiques de corruption et de harcèlement aux postes frontaliers limitent fortement le potentiel des acteurs, en particulier des femmes. Une étude de la CEDEAO datant de 2022 indiquait que plus des trois quarts des commerçantes interrogées au Togo avaient subi au moins une forme de harcèlement.
La campagne ouverte à Aného vise à inverser cette tendance en dotant les participants de connaissances pratiques et d’outils concrets pour mieux affronter les réalités du terrain. Les formations portent sur les procédures douanières, sanitaires et phytosanitaires, mais également sur la compréhension des instruments régionaux tels que la ZLECAf, le Système de libéralisation des échanges de la CEDEAO, le Mécanisme d’alerte des obstacles au commerce, le portail du commerce togolais et l’AOCTAH. Un accent particulier est mis sur la maîtrise des mécanismes d’accès au crédit, la bonne compréhension des règles d’importation et d’exportation ainsi que la promotion de relations de confiance entre commerçants et autorités frontalières.
Les organisateurs espèrent qu’en rapprochant acteurs locaux, services de contrôle, forces de sécurité et partenaires au développement, cette campagne contribuera à réduire les tracasseries récurrentes sur les axes stratégiques comme celui de Sanvee Condji–Hillacondji, point névralgique entre le Togo et le Bénin.
Au-delà de l’amélioration des conditions de travail des commerçants, l’objectif est de poser les bases d’une gouvernance frontalière apaisée et inclusive. Les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap doivent être considérés non seulement comme des bénéficiaires, mais comme des acteurs majeurs de l’intégration économique régionale et de la prospérité partagée.
