Au Togo, les deux journalistes français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ainsi que leur fixeur togolais Fred Vedomey, bénéficient désormais d’une liberté provisoire. Une décision du juge d’instruction qui intervient après plusieurs semaines de détention et qui marque une nouvelle étape dans une affaire suivie de près à Lomé comme à Paris.
Les trois hommes avaient été interpellés le 27 juillet dernier dans le nord du Togo, alors qu’ils réalisaient un tournage pour la série documentaire Les Routes de l’impossible, diffusée sur France Télévisions. Ils avaient été arrêtés dans la région de la Binah, alors qu’ils travaillaient notamment avec un drone.
Les autorités togolaises avaient évoqué des irrégularités concernant les autorisations de tournage et les zones dans lesquelles l’équipe s’était rendue. Selon les éléments communiqués par les autorités, l’autorisation délivrée en juin ne couvrait pas l’ensemble des localités visitées par l’équipe.
Après leur arrestation, les trois hommes avaient d’abord été assignés à résidence avant d’être placés en détention provisoire. Le 17 août, ils avaient été inculpés pour « fausses déclarations ». Les autorités togolaises avaient alors affirmé disposer d’« indices graves et concordants » à leur encontre.
La décision de mise en liberté provisoire ne signifie pas la fin de l’affaire. Les trois hommes restent concernés par la procédure judiciaire ouverte au Togo et demeurent à la disposition de la justice.
La Fédération internationale des journalistes avait demandé leur libération immédiate, estimant que leur détention constituait une atteinte préoccupante à la liberté de la presse.
L’un des deux journalistes, Sebastian Perez Pezzani, avait par ailleurs été placé sous contrôle judiciaire après avoir bénéficié d’une première décision de remise en liberté et avait reçu des soins médicaux. Des inquiétudes concernant son état de santé avaient été relayées par Reporters sans frontières.
À Paris, le ministère français des Affaires étrangères avait indiqué suivre attentivement la situation des deux ressortissants français et avoir effectué plusieurs visites consulaires depuis leur arrestation. La France avait notamment insisté sur le respect de leurs droits et sur leurs conditions de détention.
La libération provisoire des trois hommes constitue donc un soulagement pour leurs proches et leurs défenseurs. Mais le dossier judiciaire, lui, reste ouvert.
À ce stade, aucune relaxe ni décision définitive sur les faits qui leur sont reprochés n’a été prononcée. Les investigations doivent se poursuivre au Togo.

