Face à la recrudescence des tensions liées à la transhumance au Togo, les autorités locales haussent le ton. Mercredi, le maire Kokou Degbe a rencontré les éleveurs pour instaurer un climat apaisé entre acteurs ruraux. La rencontre s’est tenue en présence du CB de Gboto-Vodoupé, du chargé de la police de Gboto-Vodoupé ainsi que du secrétaire général de la commune de Yoto 3. L’initiative vise à prévenir les affrontements récurrents entre bergers et cultivateurs dans la préfecture de Yoto en général et dans la commune de Yoto 3 en particulier.
La question de la transhumance reste un sujet sensible au Togo, où les déplacements de bétail provoquent régulièrement des conflits entre éleveurs et agriculteurs. La municipalité de Yoto 3 a tenu une réunion stratégique avec les éleveurs afin de rappeler les bonnes pratiques et éviter de nouveaux incidents.
Au cœur des échanges, la nécessité d’une cohabitation pacifique entre les différents acteurs du monde rural. Le maire a insisté sur des mesures concrètes visant à réduire les sources de friction, notamment en encadrant les habitudes de pâturage.
Parmi les recommandations fortes, l’interdiction du pâturage nocturne a été largement mise en avant. Selon les autorités locales, cette pratique favorise les dégâts dans les champs, les cultures étant difficilement identifiables dans l’obscurité.
« Il est impératif d’éviter le pâturage la nuit. Dans ces conditions, les animaux ne distinguent pas les cultures, ce qui entraîne des destructions et alimente les conflits », a déclaré Kokou Degbe, maire de la commune de Yoto 3. Cette mesure vise à limiter les pertes agricoles et à réduire les tensions souvent déclenchées par ces dégâts.
Privilégier les voies légales en cas de conflit
M. Degbe a également appelé à une meilleure organisation au sein des communautés d’éleveurs. Il a notamment demandé que tout nouvel arrivant soit signalé et encadré par les autres bergers.
L’objectif est d’éviter les comportements à risque et de s’assurer que chacun respecte les règles établies. Cette approche préventive s’inscrit dans une dynamique de responsabilisation collective.
L’autre point essentiel abordé lors de la rencontre est la gestion des différends. Le maire a fermement déconseillé tout règlement de comptes entre éleveurs et agriculteurs.
« En cas de malentendu, il faut impérativement se référer aux forces de l’ordre. La justice ne doit pas être rendue par les protagonistes eux-mêmes », a-t-il insisté.
Cette orientation rejoint la position du gouvernement, qui encourage le recours aux institutions pour garantir une gestion équitable et apaisée des litiges.
À travers cette initiative, les autorités locales réaffirment leur volonté de prévenir les conflits liés à la transhumance, un enjeu majeur pour la stabilité des zones rurales. La collaboration entre éleveurs, agriculteurs et autorités apparaît plus que jamais comme la clé d’une coexistence durable.

