Le Collectif des Associations contre l’Impunité au Togo (Cacit) a organisé vendredi à Lomé un atelier sur l’accessibilité de la justice administrative et sociale pour tous les citoyens togolais. Cet événement s’inscrit dans le cadre d’un projet visant à renforcer la société civile pour la promotion et la protection de la liberté d’association et de réunion au Togo. Un projet porté par un consortium de cinq associations, soutenu financièrement par l’Union Européenne.
L’objectif de cet atelier était de fournir un espace de dialogue et de réflexion entre les différents acteurs du domaine judiciaire, des syndicats, des organisations de la société civile (OSC) et des experts. Ensemble, ils ont eu l’opportunité de partager leurs idées et de proposer des solutions concrètes pour le développement de juridictions administratives et du travail dans les cinq régions du pays.
Ce projet vise à rapprocher la justice des justiciables et à garantir un accès équitable à la justice pour tous, un droit fondamental qui reste encore trop souvent un défi pour une partie de la population.
Dans son discours d’ouverture, Ghislain Nyaku, le directeur exécutif du Cacit, a rappelé l’importance de l’accès à la justice, soulignant qu’il ne s’agit pas seulement d’un droit fondamental, mais également d’un pilier essentiel de la démocratie.
« L’accès à la justice est un facteur clé pour la paix sociale et pour renforcer la confiance entre l’État et les citoyens », a déclaré M. Nyaku. Il a par ailleurs insisté sur le fait que la création de tribunaux administratifs et du travail dans toutes les régions du Togo n’est pas un luxe, mais une nécessité. Cette démarche est primordiale pour construire un État de droit véritablement inclusif et respectueux des droits humains, dans lequel chaque citoyen, où qu’il soit, puisse voir ses droits respectés et protégés.

L’atelier a permis d’aborder les nombreuses difficultés auxquelles sont confrontés les citoyens lorsqu’ils tentent d’accéder à la justice administrative et sociale. À ce jour, les juridictions administratives et du travail sont concentrées à Lomé, ce qui crée un fossé entre la capitale et les régions du pays, rendant l’accès à la justice difficile, voire impossible, pour de nombreux Togolais. Ce manque de proximité entre les tribunaux et les citoyens renforce les inégalités d’accès à la justice, en particulier pour les plus vulnérables.
Les participants à l’atelier ont souligné l’importance de déconcentrer ces juridictions et d’assurer leur présence dans les régions, afin de permettre à tous les Togolais, quel que soit leur lieu de résidence, de faire valoir leurs droits devant un tribunal. Plusieurs experts ont proposé des solutions pratiques pour faciliter cette décentralisation et améliorer l’efficacité des services judiciaires dans les régions.
Cet atelier a également permis de mettre en lumière les obstacles sociaux et économiques qui freinent l’accès à la justice pour certaines catégories de la population, notamment les femmes, les jeunes et les travailleurs informels. Il est apparu clairement que l’amélioration de l’accès à la justice nécessite non seulement la création de tribunaux dans les régions, mais également des réformes pour rendre le système judiciaire plus accessible, transparent et abordable pour tous.
La participation active des syndicats et des OSC à cet atelier témoigne de la volonté collective d’améliorer la situation et de renforcer l’État de droit au Togo. À travers cet événement, ces acteurs ont exprimé leur engagement à collaborer avec les autorités compétentes pour faire avancer ce projet et garantir un accès équitable à la justice pour tous les citoyens togolais.
L’atelier a constitué une étape importante dans la réflexion sur la manière de rendre la justice plus accessible et plus proche des citoyens. Si les propositions émises lors de cette rencontre sont prises en compte, le Togo pourrait faire un grand pas vers la consolidation de son système judiciaire et la construction d’une société plus juste et plus équitable pour tous. L’engagement des acteurs présents dans ce projet est un signe encourageant de la volonté d’instaurer un véritable État de droit, dans lequel l’accès à la justice n’est pas un privilège, mais un droit pour chaque Togolais.
