Le 25 septembre 2025 les sénateurs Alipui Sénanu et Kagbara Uleija Y. M. Innocent ont prêté serment à Port Harcourt, au Nigeria, pour rejoindre le Parlement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cette prestation complète la délégation togolaise à l’assemblée communautaire dont certains estiment qu’elle ne respecte pas tous les principes de transparence et d’équité.
Le Parlement de la CEDEAO comprend des représentants des États membres élus et nommés afin de refléter la diversité politique et régionale de la sous-région. Le Togo, dans ce cadre, a désormais ses cinq représentants complets après l’intégration des deux sénateurs.
Ces nominations suivent la mise en place du Sénat togolais dans le cadre de la Constitution adoptée récemment. Le Sénat compte 61 membres dont 41 élus et 20 nommés. Parmi les nommés figurent des personnalités de l’opposition.
Même si cette composition élargie est présentée comme un signe d’inclusion politique, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme un manque de transparence et un déséquilibre persistant entre majorité présidentielle et opposition.
Certains observateurs estiment que les nominations présidentielles demeurent dominées par des proches du pouvoir malgré la présence d’opposants. Ils interrogent les critères exacts retenus pour sélectionner les noms proposés pour siéger à la CEDEAO. De plus ces détracteurs relèvent que la participation de l’opposition aux sénatoriales a été boycottée dans certains cas, ce qui affaiblit la légitimité des élus issus de ce scrutin.
Des acteurs de la société civile évoquent aussi que la CEDEAO pourrait être perçue comme complice si elle ne demande pas des explications claires sur la nature des nominations.
Des doutes sont soulevés quant à la conformité de certaines nominations à la Constitution togolaise et aux textes électoraux. Les articles prévoyant la désignation des sénateurs nommés, la procédure de remplacement, ou les conditions de la démission ou de l’empêchement des titulaires, sont cités comme pouvant ne pas avoir été respectés.
L’absence de consensus autour de ces nominations risque d’entamer la crédibilité de la représentation togolaise au Parlement de la CEDEAO. L’opposition pourrait en faire un enjeu politique majeur pour remettre en question certaines réformes institutionnelles en cours. Enfin la société civile et les médias pourraient renforcer la pression pour obtenir des clarifications officielles auprès du gouvernement et de la CEDEAO.
La nomination d’Alipui Sénanu et d’Innocent Kagbara au Parlement de la CEDEAO marque un moment institutionnel important pour le Togo. Toutefois elle suscite des interrogations légitimes sur la transparence, l’équité et le respect des textes. Un équilibre entre inclusion des opposants et garanties démocratiques est attendu pour dissiper les doutes et renforcer la confiance des citoyens envers les institutions nationales et régionales.
