jeudi, 17 septembre 2026

La santé a changé de langage. Elle s’est invitée dans un espace où l’on ne parle pas seulement de maladies, de diagnostics ou de traitements, mais aussi de créativité, de transmission et d’engagement citoyen. La nomination du Dr Abdallah Ouédraogo comme ambassadeur des Clubs Santé SOS Docteur TV et la signature d’une convention de production-diffusion de contenus de sensibilisation mardi illustrent cette conviction.

Médecin, artiste et écrivain, Dr Abdallah Ouédraogo incarne précisément cette jonction. Son parcours lui permet de regarder la santé sous plusieurs angles : celui du praticien qui connaît les réalités du terrain, celui de l’artiste qui sait raconter et celui de l’écrivain qui transforme l’expérience en mémoire et en réflexion.

La cérémonie a ainsi consacré une collaboration qui dépasse la simple production de vidéos. Elle s’inscrit dans la dynamique des Clubs Santé SOS Docteur TV, notamment à travers les axes consacrés à la sensibilisation et à la production-diffusion de contenus adaptés aux adolescents et aux jeunes. L’objectif est de faire de la prévention un outil vivant, accessible et proche du quotidien.

. « Il est médecin, il fait déjà [des clips et des sketchs] ; les subtilités, les images qu’il faut montrer, il sait les montrer parce qu’il est au cœur du système médical », a souligné Prof Hor Dr Serges Michel Kodom, promoteur de SOS DOCTEUT TV.

Cette dimension n’est pas anodine. Une campagne de santé destinée aux adolescents ne peut être pensée uniquement comme une transposition simplifiée d’un discours médical. Elle doit être incarnée. Elle doit raconter, montrer, interpeller. Elle doit parfois faire sourire pour faire réfléchir, utiliser une chanson pour transmettre une information ou recourir au sketch pour aborder une question délicate.

C’est là que la présence du Dr Abdallah Ouédraogo prend tout son sens. L’art devient alors non pas un simple décor de la sensibilisation, mais un moyen de rendre le message sanitaire mémorable.
La convention prévoit justement la production de plusieurs contenus, notamment des capsules destinées à accompagner les jeunes et les élèves dans l’acquisition de connaissances et de comportements favorables à leur santé.

Le projet entend ainsi mobiliser différents supports et différents registres de communication afin de rejoindre les publics là où ils se trouvent.
Cette orientation rejoint une évolution profonde de la communication sanitaire : informer ne suffit plus ; il faut créer les conditions de l’appropriation. Un adolescent retiendra peut-être davantage un conseil entendu dans une capsule portée par une personnalité qu’il peut identifier, qu’une longue explication abstraite. La proximité devient alors une forme d’efficacité.

La convention prévoit également la présence du Dr Abdallah Ouédraogo au Togo à travers deux visites destinées à renforcer les échanges avec les jeunes et les élèves. Ces rencontres doivent permettre d’aller au-delà de l’écran, en créant un dialogue direct autour de questions de santé et de conseils pratiques.

Cette dimension humaine est essentielle. Car derrière les capsules, les productions et les plateformes, il y a une génération qui cherche des réponses à des préoccupations parfois difficiles à exprimer. La santé des adolescents ne se résume pas à des statistiques : elle touche leurs habitudes, leurs relations, leur bien-être, leurs choix et leur avenir.

La nomination du Dr Abdallah Ouédraogo comme ambassadeur apparaît donc comme le prolongement naturel d’une trajectoire déjà marquée par la volonté de transmettre. Son livre, Là où tout semblait perdu, participe de cette même démarche : raconter une expérience de transformation pour montrer que le changement est possible lorsqu’une communauté, des professionnels et une vision commune décident d’agir ensemble.

Dans cette perspective, le médecin ne se contente plus de soigner. Il devient passeur. Passeur de connaissances, mais aussi de valeurs et d’expériences.
Et c’est peut-être là le véritable enjeu de cette convention : créer des passerelles entre des mondes qui ont trop souvent évolué séparément. La médecine apporte la rigueur scientifique ; l’art apporte l’émotion et la capacité à toucher ; l’écriture apporte la profondeur et la mémoire ; les Clubs Santé apportent le cadre d’engagement et de proximité avec les jeunes.

« Nous espérons qu’avec sa voix, il peut aller non seulement partager cette vision, mais tout aussi travailler sur sa voix pour réaliser des projets non seulement partagés. », a résumé Dr Ouedraogo.
Cette voix sera désormais appelée à porter plus qu’un message. Elle devra contribuer à construire une culture de prévention, à encourager les jeunes à prendre soin d’eux-mêmes et à faire de la connaissance sanitaire un outil d’émancipation.

Dans un contexte où les adolescents sont quotidiennement exposés à une multitude de contenus, parfois contradictoires, la question n’est donc plus seulement de savoir quoi leur dire, mais aussi comment leur parler.

La réponse apportée par SOS Docteur TV semble claire : en associant la science à la créativité, le professionnel à l’artiste, l’écran au terrain et le message à l’engagement.
Avec le Dr Abdallah Ouédraogo, les Clubs Santé se donnent ainsi une voix singulière. Une voix qui connaît le langage de la médecine, mais aussi celui de la scène et de la littérature. Une voix qui pourrait contribuer à transformer la sensibilisation en conversation, la prévention en culture et, surtout, l’information en action.

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