Le choix de Xi’an comme première étape de sa visite officielle en Chine est loin d’être anodin. Ancienne capitale impériale et berceau historique de la Route de la Soie, la ville a accueilli, vendredi 10 octobre 2026, Faure Gnassingbé, Président du Conseil togolais, venu s’imprégner des avancées chinoises en matière d’agriculture intelligente. Une démarche qui traduit l’ambition du Togo de faire de l’innovation un levier de transformation de son secteur agricole.
Yangling, vitrine de l’agriculture du futur
C’est au Parc de démonstration de l’agriculture intelligente de Yangling que le dirigeant togolais a entamé sa visite. Ce centre d’innovation illustre les mutations profondes de l’agriculture chinoise, désormais portée par les technologies numériques, l’intelligence artificielle, la robotique et l’optimisation de l’irrigation. De la sélection des semences à la transformation des récoltes, les différentes étapes de la production sont pensées pour améliorer les rendements et rationaliser les ressources.
Au fil de la visite, Faure Gnassingbé a pu découvrir les mécanismes de cette agriculture de précision, qui pourraient inspirer de nouvelles approches au Togo. Dans un pays où le secteur agricole occupe une place majeure dans l’économie et les moyens de subsistance des populations, la modernisation des pratiques apparaît comme un enjeu stratégique.
Le défi consiste toutefois à adapter ces innovations aux réalités locales, notamment aux capacités financières des petits producteurs et aux contraintes auxquelles ils sont confrontés au quotidien.
« Une innovation prend toute sa valeur lorsqu’elle apporte une réponse adaptée aux besoins des producteurs et tient compte de leurs moyens et de leurs réalités quotidiennes », a souligné le dirigeant togolais.
Cette orientation met en évidence une ambition : s’inspirer de l’expérience chinoise sans reproduire mécaniquement son modèle. Pour le Togo, l’enjeu est de promouvoir des solutions accessibles, efficaces et adaptées aux besoins des exploitants agricoles.
Du Shaanxi à Kara, une coopération tournée vers les territoires
La visite a également été marquée par une avancée diplomatique majeure. Lors de son entretien avec Zhao Gang, gouverneur de la province du Shaanxi, Faure Gnassingbé a réaffirmé la volonté des deux parties de renforcer leurs relations.
« La Chine et le Togo sont de grands amis, de bons partenaires et les peuples sont des frères », a déclaré le responsable chinois.
Au-delà de ces déclarations d’amitié, les échanges ont débouché sur la signature d’un mémorandum d’entente entre la province chinoise du Shaanxi et la région togolaise de la Kara. Cet accord ouvre des perspectives de coopération dans plusieurs domaines, notamment l’agriculture, l’énergie, l’environnement et la gestion des ressources naturelles.
Cette initiative illustre la volonté de diversifier les partenariats entre les deux pays en donnant une place accrue aux collectivités territoriales. La coopération ne se limite ainsi plus aux relations institutionnelles entre Lomé et Pékin : elle entend également favoriser des échanges directs entre régions, autour de projets répondant à des besoins concrets.
Pour la Kara, cette ouverture pourrait offrir de nouvelles perspectives en matière de développement agricole, de transfert de compétences et d’accès aux technologies, sous réserve de la concrétisation des engagements annoncés.
Une ambition agricole au cœur du partenariat sino-togolais
En choisissant de commencer son déplacement par Yangling, Faure Gnassingbé place la question agricole au centre de sa démarche. L’objectif est de tirer parti de l’expérience chinoise pour accompagner la transformation du secteur au Togo, tout en privilégiant des solutions compatibles avec les réalités économiques et sociales du pays.
« Le Togo s’engage lui aussi dans cette voie, avec humilité et détermination », a résumé le dirigeant togolais.
Après cette étape dans le Shaanxi, la visite doit se poursuivre dans d’autres provinces chinoises avant de conduire le Président du Conseil à Pékin. Ces différentes séquences doivent contribuer à approfondir les relations bilatérales et à explorer de nouvelles possibilités de partenariat.
De Xi’an à Kara, l’ambition affichée est donc de faire converger innovation agricole et coopération territoriale. Il reste désormais à traduire cette volonté politique en projets concrets, capables d’améliorer durablement les conditions de production et les revenus des agriculteurs togolais.
