Pour les familles, l’enjeu principal est celui du pouvoir d’achat. Lorsque les dépenses consacrées au transport et à l’alimentation augmentent alors que les revenus restent inchangés, les ménages disposent de moins d’argent pour les autres besoins : scolarité des enfants, santé, logement, communication, habillement ou épargne.
Cette situation est particulièrement difficile pour les travailleurs du secteur informel et les personnes dont les revenus varient d’un jour à l’autre. Un petit commerçant, un conducteur de taxi-moto, un artisan ou un vendeur ambulant ne peut pas toujours augmenter immédiatement ses tarifs pour compenser la hausse de ses charges.
Il peut alors être contraint de réduire sa marge bénéficiaire, de diminuer ses déplacements ou de revoir à la baisse certaines dépenses familiales.
La hausse intervient en outre dans un contexte où les ménages doivent déjà faire face à plusieurs dépenses importantes, notamment à l’occasion de la rentrée scolaire. La pression sur les budgets familiaux risque donc d’être particulièrement perceptible dans les prochaines semaines.
Les conducteurs de taxi-motos en première ligne
Les conducteurs de taxi-motos occupent une place centrale dans la mobilité quotidienne au Togo. Leur activité dépend directement du carburant.
L’augmentation du mélange 2-temps, qui passe de 811 à 896 FCFA, soit 85 FCFA de plus par litre, représente une charge supplémentaire particulièrement importante pour cette catégorie d’acteurs.
Pour ce conducteur de taxi-moto rencontré au carrefour La Pampam, dans le quartier d’Adidogomé, cette nouvelle augmentation du prix du carburant vient davantage alourdir le quotidien des Togolais, déjà confrontés à de nombreuses difficultés économiques.
« Cette augmentation vient enfoncer le clou. Les Togolais meurent tout doucement, sans bruit. Qui peut nous sortir de cette situation ? Est-ce le gouvernement ? Et le gouvernement n’a-t-il pas trouvé mieux que d’augmenter encore le prix du carburant ? C’est triste pour ce petit pays », déplore Yendoutié Douti.
Poursuivant son témoignage, le conducteur dresse un tableau encore plus sombre de la situation sociale. Selon lui, cette nouvelle hausse intervient à un moment particulièrement difficile pour les familles togolaises, à quelques jours de la rentrée scolaire.
« Nous sommes à la veille de la rentrée scolaire et la pression financière est au maximum chez les parents. Chaque Togolais sait comment cela se passe. Il n’y a pas longtemps, des entrepreneurs qui exerçaient leurs activités au niveau de la plage de Lomé ont été chassés, plongeant plusieurs personnes dans la faillite et d’autres dans le chômage. Que vont devenir les enfants de ces personnes ? Et le gouvernement n’a-t-il pas trouvé mieux que d’augmenter encore le prix du carburant ? C’est vraiment triste pour ce petit pays », s’interroge-t-il.
Pour Yendoutié Douti, cette décision risque ainsi d’accentuer davantage les difficultés des ménages, notamment ceux dont les revenus sont déjà insuffisants pour faire face aux dépenses quotidiennes et aux charges liées à la rentrée scolaire.
