À Lomé, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) salue la décision du ministère de la Communication et des Médias rappelant aux distributeurs audiovisuels leurs obligations concernant l’accès aux chaînes publiques togolaises. L’organisation de défense des consommateurs appelle également à une révision des conditions d’abonnement de Canal+ après le retrait de plusieurs chaînes du groupe TF1.
Le débat sur les services audiovisuels au Togo prend une nouvelle tournure. Le Mouvement Martin Luther King – La Voix des Sans Voix dit avoir pris connaissance de la circulaire n°1016/MC/CAB/2026 du 18 septembre 2026, par laquelle la ministre de la Communication et des Médias, Yawa Kouigan, rappelle aux distributeurs audiovisuels, notamment New World TV et Canal+, leurs obligations au regard de la législation togolaise.
Selon le MMLK, cette circulaire demande aux opérateurs concernés de se conformer, dans un délai de 30 jours, à l’article 36 de la loi n° 2019-016 du 30 octobre 2019, notamment en garantissant l’accès gratuit aux services de la Télévision Togolaise (TVT), de Radio Lomé et de Radio Kara.
L’organisation salue une décision qu’elle considère comme conforme aux dispositions légales et estime que l’échéance fixée au 18 octobre 2026 devra être respectée.
Pour le mouvement dirigé par le pasteur Edoh Komi, l’accès aux médias publics togolais ne devrait pas être conditionné au paiement d’un abonnement auprès d’un distributeur.
Le MMLK estime ainsi que la facturation de ces chaînes aux consommateurs constitue une atteinte aux droits de ces derniers et appelle les autorités compétentes à faire appliquer les dispositions prévues par la loi.
L’organisation demande notamment à la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) de prendre, à l’issue du délai accordé aux distributeurs, les mesures prévues par les textes si les obligations rappelées par le ministère ne sont pas respectées.
Le retrait des chaînes TF1 au cœur des critiques
Autre sujet de préoccupation pour le MMLK : le retrait de cinq chaînes du groupe TF1 du bouquet Canal+.
Il s’agit de TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films et LCI. Pour le mouvement, le maintien du tarif d’abonnement malgré cette modification de l’offre pose une question de protection du consommateur.
Le MMLK considère qu’une réduction de l’offre proposée aux abonnés devrait, selon sa position, être accompagnée d’une adaptation du prix ou d’une compensation.
L’organisation déplore par ailleurs le silence des abonnés face à cette situation et les appelle à faire valoir leurs droits.
Une réduction de 50 % réclamée
Face au retrait des chaînes concernées, le MMLK formule deux revendications principales : le rétablissement de l’intégralité des chaînes retirées ou une réduction de 50 % du prix de l’abonnement pendant la période durant laquelle elles ne sont pas disponibles.
Le mouvement entend également mobiliser les consommateurs autour d’une opération baptisée « Non à l’arnaque bouquet Canal+ », destinée à réclamer, selon lui, davantage de transparence et de respect des droits des abonnés.
Au-delà de cette controverse, le MMLK souhaite ainsi placer la question des droits des consommateurs au centre du débat sur la distribution des services audiovisuels au Togo.
