Solidarité et Action pour le Développement Durable (SADD) recentre le débat sur le devoir de vigilance des entreprises multinationales et à la responsabilité sociétale des entreprises. Elle a tenu le 29 décembre 2025 à Lomé une conférence de presse sur le sujet. Occasion pour l’organisation de la société civile d’ appeler les autorités togolaises à intégrer dans l’arsenal juridique national les recommandations de l’Organisation internationale du travail ainsi que les dispositions internationales relatives aux droits humains, à l’environnement et au monde du travail.
Selon les responsables de SADD, le Togo ne dispose pas encore d’une législation spécifique consacrée au devoir de vigilance, malgré l’existence de plusieurs textes nationaux encadrant le travail, la protection sociale, la santé et la sécurité au travail ainsi que la protection de l’environnement.
Les constats issus des enquêtes menées par l’association dans plusieurs entreprises minières ont été largement évoqués au cours de la conférence. Ils font état d’une méconnaissance généralisée du devoir de vigilance, de l’absence de plans de prévention des risques environnementaux et sociaux, de violations des droits syndicaux, de la précarisation de l’emploi et d’une faible couverture en matière de protection sociale.
Les impacts environnementaux des exploitations minières sur les communautés riveraines ont également été mis en lumière
Face à cette situation, SADD a souligné les contradictions existantes entre les engagements internationaux du Togo et la réalité observée sur le terrain. L’organisation estime que les insuffisances dans l’application des lois, le manque de contrôle effectif et l’absence d’un cadre juridique contraignant affaiblissent la protection des travailleurs et des populations des zones minières.
La conférence de presse a également été l’occasion de formuler des recommandations à l’endroit des décideurs publics. L’association plaide notamment pour la transposition des normes internationales relatives au devoir de vigilance et à la responsabilité sociétale des entreprises, le renforcement des capacités des services de contrôle, la promotion d’un dialogue social inclusif et l’amélioration de l’accès à la justice pour les victimes d’abus liés aux activités économiques.
Selon SADD, la mise en œuvre effective du devoir de vigilance au Togo pourrait générer des retombées positives pour l’État, les entreprises, les travailleurs et les communautés hôtes. Elle contribuerait à améliorer la gouvernance du secteur minier, à renforcer l’État de droit, à promouvoir un développement durable et à garantir une meilleure jouissance des droits humains et environnementaux.

