vendredi, 18 septembre 2026

Les orthophonistes togolais et leurs confrères de plusieurs pays d’Afrique francophone se retrouvent depuis ce jeudi 13 août à Lomé pour trois jours de rencontres consacrées à leur pratique. Une première édition placée sous le thème : « 20 ans de pratique orthophonique au Togo : états des lieux et défis ». L’initiative est de Pour l’Association des professionnels orthophonistes du Togo (ASPOT),

L’événement marque les vingt ans de la formation des premiers orthophonistes en Afrique francophone subsaharienne. Pour l’ASPOT, l’heure est à la fois au bilan et à la réflexion sur l’avenir d’une profession encore relativement jeune dans le pays.

Pendant trois jours, les participants venus du Togo, mais aussi du Bénin, du Cameroun, du Gabon, de Côte d’Ivoire et du Mali, échangent sur leurs pratiques cliniques et les moyens de mieux répondre aux besoins des patients.

« C’est l’occasion de faire un bilan sur le chemin parcouru et de faire aussi des projets pour le développement de cette profession dans le futur », explique Faysal Hamzah, président de l’ASPOT.
En vingt ans, l’orthophonie a gagné en visibilité au Togo. Longtemps méconnue, elle est aujourd’hui davantage identifiée par les patients et les familles.

Les professionnels interviennent notamment auprès d’enfants présentant des troubles du langage ou des difficultés d’apprentissage, mais aussi auprès d’adultes souffrant de troubles du langage ou de la déglutition à la suite, par exemple, d’un accident vasculaire cérébral.

Pour le président de l’ASPOT, le bilan est donc « très positif », même si des efforts restent nécessaires pour consolider les acquis.
Au-delà de la sensibilisation du public, l’un des principaux enjeux concerne l’adaptation de la pratique orthophonique aux réalités linguistiques et socioculturelles du continent.
Le langage est au cœur du métier, mais les contextes dans lesquels il s’exprime varient fortement d’un pays à l’autre et parfois d’une communauté à l’autre. Les orthophonistes plaident ainsi pour des outils et du matériel d’évaluation et de prise en charge davantage adaptés aux langues et aux réalités locales.

Cette rencontre doit justement permettre de confronter les expériences et de réfléchir à des solutions communes. « Ensemble, pendant trois journées, nous allons échanger autour de nos pratiques cliniques quotidiennes et voir comment on peut œuvrer pour faire évoluer la pratique pour le bien-être de nos populations », souligne Faysal Hamzah.

Autre chantier identifié par les professionnels : la formation des orthophonistes. Au Togo, le cursus actuel repose sur trois années d’études. L’ASPOT souhaite désormais voir la formation évoluer vers le grade de master, avec la possibilité, à terme, de poursuivre jusqu’au doctorat.

La reconnaissance institutionnelle de la profession figure également parmi les priorités. Pour les orthophonistes togolais, il s’agit de mieux structurer le métier tout en renforçant les moyens dont disposent les praticiens.

Ces trois journées de rencontres constituent donc autant un anniversaire qu’un moment de projection. Après deux décennies d’existence, l’orthophonie togolaise entend consolider sa place dans le système de santé et poursuivre son développement, avec l’appui des autorités et de ses partenaires.

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