Depuis quelques années, la consommation des boissons énergétiques prend de l’ampleur au Togo, notamment chez les jeunes. Ce phénomène, de plus en plus visible dans les marchés, bars et lieux de travail, suscite des inquiétudes en matière de santé publique.
La majorité de ces boissons, souvent importées, sont facilement accessibles sur le marché togolais à des prix abordables, ce qui favorise leur forte consommation. Beaucoup d’utilisateurs affirment qu’elles procurent énergie, force et vitalité, surtout dans les métiers exigeant des efforts physiques ou de longues heures de travail.
Au marché d’Assiyéyé à Adidogomé, Kokou, vendeur, témoigne :
« Je bois souvent Rush avant d’aller au marché. Ça me donne la force pour transporter les marchandises de mes clients sans trop me fatiguer. »
Même constat du côté des bars et maquis. À Avédji, Natacha, barmaid, confie :
« Moi je préfère Vody ou Batchana avant de commencer le service. Je peux boire jusqu’à quatre canettes dans la soirée. Je reste alerte et je ne ressens pas la fatigue, ça m’aide aussi à mieux gérer les clients. »
Des risques réels pour la santé
Malgré leurs effets stimulants, les spécialistes mettent en garde contre les dangers liés à la consommation excessive de ces boissons. Leur forte teneur en caféine, surtout lorsqu’elles sont mélangées à l’alcool, peut provoquer des effets indésirables parfois graves.
Les boissons énergétiques sont également des produits très riches en sucre. Une consommation régulière peut favoriser la prise de poids et entraîner, à long terme, plusieurs problèmes de santé.
Ces boissons, présentées comme des sources rapides d’énergie, contiennent principalement de la caféine, associée à d’autres substances comme la taurine, connues pour leurs effets stimulants.
Selon les recommandations sanitaires, la consommation de caféine ne devrait pas dépasser 400 mg par jour chez l’adulte, soit environ cinq canettes de boissons énergétiques de type Red Bull, très répandues sur le marché. Au-delà de cette limite, les consommateurs peuvent ressentir des migraines, des palpitations, de l’agitation ou encore des troubles digestifs.
Les mineurs sont encore plus exposés, car leur organisme tolère moins bien la caféine. La taurine, également présente dans ces boissons, ne devrait pas dépasser environ 3 grammes par jour, soit l’équivalent de trois canettes.
Face à la montée de la consommation chez les jeunes togolais, la question de l’encadrement et de la sensibilisation devient de plus en plus importante pour éviter que ces habitudes ne se transforment en véritable problème de santé publique.

