Au Togo, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) hausse le ton contre le gouvernement après l’alerte du Programme alimentaire mondial (PAM) sur les risques d’insécurité alimentaire dans le pays. Dans un communiqué publié le 9 juin, le parti de Jean-Pierre Fabre estime que la situation dans la région des Savanes révèle les limites des politiques publiques menées ces dernières années. L’opposition accuse les autorités de ne pas avoir apporté de réponses durables à la pauvreté malgré les moyens annoncés.
Pour l’ANC, les chiffres avancés par le PAM sont alarmants. L’organisation onusienne estime que plus de 330 000 personnes pourraient se retrouver en situation d’insécurité alimentaire aiguë dans les prochains mois sans intervention urgente.
Face à cette perspective, le parti d’opposition affirme son incompréhension. Selon lui, une telle menace ne devrait pas peser sur les populations après plusieurs années d’annonces gouvernementales en faveur du développement des régions les plus fragiles.
Le communiqué pointe particulièrement la situation des Savanes, régulièrement présentée comme une priorité nationale dans le contexte de la lutte contre l’extrémisme violent.
L’opposition reproche au gouvernement de privilégier des actions qu’elle juge éloignées des préoccupations quotidiennes des citoyens. Dans son communiqué, l’ANC affirme que « le gouvernement RPT/UNIR continue de consacrer des ressources considérables à l’organisation de sommets et d’événements de prestige ».
Le parti estime que cette orientation contraste avec la réalité sociale observée dans plusieurs localités du pays. Pour l’ANC, « les retombées sur l’amélioration du vécu quotidien des Togolais demeurent inexistantes ou marginales ».
L’alerte du PAM constitue ainsi, selon le parti, la preuve que les populations les plus vulnérables continuent de subir les conséquences d’un modèle de gouvernance qui ne répond pas suffisamment aux besoins essentiels. L’opposition dénonce en substance une situation où « les populations » des Savanes restent confrontées à la faim alors que l’État investit dans l’organisation de rencontres internationales.
Au-delà de la question alimentaire, l’ANC élargit ses critiques à l’ensemble de la gouvernance économique du pays. Le parti évoque les difficultés du Togo dans la mise en œuvre de certaines réformes communautaires ainsi que les indicateurs de pauvreté jugés préoccupants.
Le communiqué rappelle notamment que le taux de pauvreté multidimensionnelle dans les Savanes atteindrait 92,3 %, selon des données citées des Nations unies. L’ANC y voit la confirmation d’un décalage entre les discours officiels et les réalités vécues sur le terrain.
Pour faire face à l’urgence, le parti réclame la publication d’une cartographie des zones menacées, la mise en place d’un plan national d’assistance alimentaire et une réaffectation des ressources publiques vers les secteurs sociaux prioritaires.
L’ANC conclut en estimant que l’alerte lancée par le PAM doit servir d’électrochoc pour les autorités et ouvrir un débat national sur l’efficacité des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion.

