Le Syndicat démocratique des mines (SYDEMINES) est monté au créneau ce lundi 9 juin pour dénoncer ce qu’il qualifie de « licenciement abusif » de 47 travailleurs employés depuis plus de dix ans sur le site industriel de Scantogo, filiale du groupe allemand Heidelberg Materials.

Lors d’une conférence de presse, les responsables syndicaux ont accusé l’entreprise d’avoir organisé un système destiné à contourner le droit du travail togolais. Selon le SYDEMINES, les salariés concernés travaillaient depuis plusieurs années sur des postes permanents par l’intermédiaire de sociétés d’intérim, avant d’être écartés à la suite d’un changement de prestataire. Le syndicat affirme que leurs contrats à durée indéterminée ont été rompus et que les travailleurs n’ont pas été réembauchés avec la reconnaissance de leur ancienneté et de leurs droits acquis.

Le syndicat soutient que ces employés, présents pour certains depuis 2014, ont contribué au fonctionnement de l’usine pendant plus d’une décennie avant de perdre leur emploi. Il estime que cette situation plonge aujourd’hui plusieurs dizaines de familles dans une grande précarité.

Au-delà des licenciements, le SYDEMINES dénonce également un recours prolongé au travail intérimaire sur des postes qu’il considère comme permanents. L’organisation affirme que cette pratique aurait privé les travailleurs de plusieurs avantages sociaux, notamment des primes d’ancienneté, des primes de fin d’année et certains dispositifs de protection sociale.

Le syndicat évoque par ailleurs plusieurs violations présumées du Code du travail togolais et du décret encadrant le recours au travail intérimaire. Il affirme avoir alerté à plusieurs reprises les autorités administratives ainsi que la direction du groupe Heidelberg Materials avant d’organiser cette sortie médiatique.

Face à cette situation, le SYDEMINES appelle le ministère du Travail à diligenter une inspection approfondie de l’entreprise et demande l’ouverture de procédures permettant, selon lui, de rétablir les droits des salariés concernés. L’organisation syndicale annonce également son intention de saisir la justice.

Dans son intervention, le syndicat a également lancé un appel au président du Conseil afin qu’il s’implique dans le règlement du différend et favorise la réintégration des travailleurs concernés.

À l’heure de la publication de cet article, Scantogo et sa maison mère Heidelberg Materials n’avaient pas réagi publiquement aux accusations formulées par le syndicat.

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