Dans la discrétion de l’aumônerie catholique Stella Maris, attenante au Foyer des marins de Lomé, quelques fidèles, des professionnels du secteur maritime et des responsables ecclésiaux se sont réunis dimanche pour célébrer le Dimanche de la Mer. Une journée instituée par l’Église catholique pour rendre hommage aux gens de mer, qui demeure largement méconnue au Togo, comme dans de nombreux pays.

Alors que plus de 80 % du commerce mondial transite par voie maritime, cette célébration peine encore à trouver un véritable écho dans les paroisses et auprès du grand public. Un paradoxe que regrette le responsable de l’aumônerie catholique Stella Maris au Togo, le Révérend Père Gustave Sanvee.
« Mon souhait, c’est que tous les évêques du Togo, et même d’Afrique, tous les prêtres, reconnaissent cette date comme une date importante et qu’ils travaillent pour la dignité des marins », plaide-t-il. Avant d’ajouter : « Tout le monde mange du poisson. Mais le poisson vient d’où ? De la mer. Ceux qui nous l’apportent méritent notre respect et notre reconnaissance. »
À travers cet appel, le prêtre invite également les fidèles à découvrir le message publié cette année par le cardinal Michael Czerny, préfet du Dicastère pour le Service du développement humain intégral, consacré au visage humain de la mer et à la dignité des travailleurs du secteur maritime.
Appel à la solidarité

À Lomé, la célébration a été marquée par une messe à l’aumônerie Stella Maris, suivie d’un moment de partage avec les marins et les acteurs du secteur. L’occasion de rendre hommage aux marins disparus, mais aussi d’encourager ceux qui continuent de naviguer ou de travailler dans les ports, la pêche et les activités maritimes.
Prenant la parole au nom de la communauté maritime, le capitaine Kokou Beguedou, expert maritime, a rappelé que « la mer est bien plus qu’un espace de travail ». Selon lui, elle est « une école de discipline, de courage, d’humilité et de persévérance », tout en constituant un levier essentiel du commerce international et du développement économique.

Le capitaine a également insisté sur les réalités du métier souvent ignorées. Les longues traversées, l’éloignement des familles, les risques permanents en mer et les exigences de la profession imposent de lourds sacrifices aux gens de mer, qui poursuivent néanmoins leur mission « avec professionnalisme, responsabilité et passion ».
Dans son intervention, il a salué les efforts des autorités togolaises en faveur du développement du secteur maritime, évoquant notamment les investissements dans les infrastructures portuaires, le renforcement de la sécurité maritime, la modernisation de la gouvernance du secteur et les actions engagées pour la protection du littoral.
Au-delà des enjeux économiques, le capitaine Beguedou a rappelé que cette journée est aussi un appel à la responsabilité collective face aux défis environnementaux. « Les océans sont un patrimoine commun dont chacun de nous est le gardien », a-t-il souligné, plaidant pour une lutte renforcée contre la pollution marine, la préservation des ressources halieutiques et le respect des normes internationales.

Le responsable de l’Union des Marins Togolais (U.MA.TO) a par ailleurs adressé une pensée aux marins actuellement en mer, parfois loin de leurs proches pendant plusieurs mois, ainsi qu’aux organisations, partenaires et communautés religieuses qui les accompagnent sur les plans humain, social et spirituel.
Si cette célébration reste encore confidentielle, ses promoteurs espèrent qu’elle gagnera progressivement en visibilité. Pour le Père Gustave Sanvee, il s’agit avant tout de reconnaître la contribution de milliers de femmes et d’hommes sans lesquels le commerce mondial, l’approvisionnement alimentaire et l’économie maritime ne pourraient fonctionner.

Dans un pays comme le Togo, dont le port de Lomé constitue l’un des principaux hubs logistiques d’Afrique de l’Ouest, le Dimanche de la Mer rappelle aussi que derrière les conteneurs, les navires et les statistiques du commerce international se trouvent des femmes et des hommes dont le travail demeure, bien souvent, invisible.
