Dans la commune du Golfe 4, les autorités locales viennent de franchir une nouvelle étape dans leur lutte contre l’exclusion administrative. La troisième phase du projet de délivrance gratuite de pièces d’identité s’est conclue par la distribution de 1 200 certificats de nationalité togolaise, complétant ainsi un programme lancé en 2023.
Cette initiative, qui a couvert les 28 quartiers de la commune, aura permis de régulariser la situation de 4 078 personnes en trois ans. Parmi elles, de nombreux enfants, jusque-là dépourvus d’actes de naissance, et donc exclus du système éducatif formel ou des examens officiels.
Pour cette dernière phase, 302 jugements supplétifs ont également été établis, notamment en faveur d’élèves issus d’établissements primaires publics et privés. Une action ciblée, visant à sécuriser le parcours scolaire de ces jeunes.
Au cœur de cette démarche, une ambition clairement assumée par le maire, Jean-Pierre Fabre : « L’objectif, c’est qu’il y ait des gens normaux, des citoyens administrativement visibles ». Une déclaration qui résume l’enjeu de cette politique locale, centrée sur la dignité et l’inclusion.
Car l’absence de documents d’identité reste un frein majeur dans de nombreux pays africains, limitant l’accès aux droits fondamentaux. À Golfe 4, les autorités ont choisi d’agir à leur échelle, malgré des ressources limitées.
Mais pour Jean-Pierre Fabre, l’action communale ne peut suffire à elle seule. Il appelle à un engagement plus fort de l’État togolais, estimant que la question doit être traitée comme une priorité nationale. « Le gouvernement peut nous faciliter la tâche. S’il prend ce problème à cœur, il peut le régler très vite », a-t-il affirmé.
Le maire souligne également l’importance de l’identité administrative comme condition d’accès aux services de base. Sans elle, les individus restent en marge de la société, incapables de faire valoir leurs droits.
Au-delà de ce programme, la commune envisage de poursuivre ses actions sociales à travers d’autres volets, notamment dans les domaines de la santé et de l’accès à l’eau. Mais pour ses responsables, garantir une existence administrative à chaque citoyen demeure une étape indispensable vers un développement équitable.
