Les organisations membres de l’International Network for Social Protection Rights-Togo (INSP!R-TOGO) ont attiré l’attention de l’opinion nationale et internationale sur les défis majeurs liés à l’extension de la protection sociale au Togo. Face à la presse lundi à Lomé, le réseau a dressé un tableau à la fois critique et nuancé de la situation actuelle, tout en appelant les autorités togolaises à accélérer les réformes nécessaires pour garantir un accès équitable et universel à la protection sociale.
Regroupant plusieurs organisations syndicales et de la société civile actives dans la défense des droits sociaux, INSP!R-TOGO reconnaît les progrès enregistrés ces dernières années. Selon les données de l’Organisation internationale du travail, la couverture globale de la protection sociale hors santé a atteint 38,7 % en 2022, tandis que la couverture sanitaire universelle s’est établie à 44 % en 2021. Ces avancées sont portées notamment par l’adoption du Code du travail, du Code de sécurité sociale, la mise en œuvre de la feuille de route gouvernementale 2020-2025 et l’entrée en vigueur de l’Assurance maladie universelle en janvier 2024.
Des avancées notables mais une couverture encore très inégale
Malgré ces efforts, INSP!R-TOGO souligne que la majorité de la population active, essentiellement issue de l’économie informelle et du monde rural, reste largement exclue des systèmes de protection sociale. Les statistiques nationales indiquent que seuls 2,3 % des acteurs de l’économie informelle bénéficient d’une couverture sociale, alors que ce secteur représente près de 88 % de la population active et contribue à environ 40 % du produit intérieur brut du pays. Cette situation met en évidence un décalage préoccupant entre l’importance économique de ce secteur et la faiblesse des mécanismes de protection qui lui sont destinés.
Le réseau relève également des insuffisances dans l’application de la réglementation communautaire de l’UEMOA sur la mutualité sociale, notamment en raison de la lenteur dans la prise des textes d’application et des difficultés de collaboration entre les mutuelles sociales et la Caisse nationale de sécurité sociale. À cela s’ajoutent les conséquences de la non-ratification par le Togo de plusieurs conventions clés de l’OIT relatives à la sécurité et à la santé au travail, ainsi qu’à la protection des travailleurs domestiques, exposant de nombreux travailleurs à des violations de leurs droits fondamentaux.

Un plaidoyer pour des mesures concrètes et inclusives
Face à ces constats, INSP!R-TOGO plaide pour des actions fortes et coordonnées. Le réseau appelle notamment à la ratification et à la mise en œuvre effective des conventions internationales du travail, à l’adoption des textes d’application de la réglementation de l’UEMOA sur les mutuelles sociales et à une meilleure représentation de la société civile dans les instances de concertation sur la protection sociale. Il insiste sur la nécessité de renforcer les moyens des inspections du travail et de développer des politiques publiques adaptées aux réalités des travailleurs précaires, des jeunes et des femmes.
En conclusion, INSP!R-TOGO encourage le gouvernement togolais à poursuivre et à intensifier ses efforts afin de répondre à l’aspiration universelle à la justice sociale, de réduire les inégalités et de garantir à chaque citoyen, quel que soit son statut professionnel, un droit effectif à la protection sociale.
