Le journaliste togolais Roger Amemavoh est la cible de menaces de mort et d’intimidations depuis la publication d’un reportage consacré au conflit foncier et à la détresse des femmes à Latékopé, dans le centre du Togo. Le Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) tire la sonnette d’alarme et appelle les autorités à protéger les professionnels des médias.
Dans son communiqué publié lundi, le SYNJIT rapporte le témoignage de M. Amemavoh, journaliste pour Capture MEDIA, qui affirme subir « des intimidations constantes et des menaces de mort ». « J’ai rarement été exposé à un tel déchaînement d’hostilités », assure-t-il, soulignant l’ampleur du risque encouru après la diffusion de son enquête.
Le syndicat condamne « avec la plus grande fermeté » ces agissements et rappelle que la liberté de la presse est un « pilier fondamental de l’État de droit, garant du droit à l’information et du pluralisme des opinions ».
Le SYNJIT dénonce une « escalade insidieuse des atteintes à la liberté d’informer » au Togo. Selon le syndicat, le journalisme togolais traverse « une période sombre », affaiblissant les derniers piliers d’une presse privée libre et indépendante.
Le syndicat met également en garde contre « la multiplication des tentatives de bâillonnement visant les journalistes sur le territoire national », et appelle les autorités sécuritaires ainsi que la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) à intervenir.
Latékopé, localité du centre du Togo, est depuis plusieurs années le théâtre de conflits fonciers entre populations locales et exploitants. Les femmes, souvent responsables de l’agriculture familiale et de la transmission des terres, sont particulièrement touchées par ces crises, selon plusieurs ONG locales.
Le reportage de M. Amemavoh documentait la situation dramatique de ces femmes et la complexité des différends fonciers, provoquant une réaction violente de certains acteurs impliqués.
Le SYNJIT exprime sa « totale solidarité » à Roger Amemavoh et prend publiquement à témoin les autorités nationales et l’opinion internationale face à ces menaces. Le syndicat rappelle que protéger les journalistes, c’est garantir le droit à l’information et le pluralisme des opinions, fondements essentiels d’une démocratie.
