La Journée internationale de la souveraineté africaine, célébrée le 21 septembre, n’est pas passée inaperçue cette année au Togo. A l’occasion, une conférence nationale s’est tenue vendredi à Lomé, consacrée aux crimes coloniaux et aux voies de réparation. Organisé par le groupe de presse Le Défenseur Info en partenariat avec le Collectif des jeunes panafricanistes du Togo, l’événement avait a pour objectif de redonner à l’histoire africaine sa vérité, honorer la mémoire collective et interpeller sur la nécessité de justice.
Placée sous le thème « Les crimes coloniaux : mémoire et réparation », la conférence a été organisée par le groupe de presse Le Défenseur Info en partenariat avec le Collectif des jeunes panafricanistes du Togo. Elle avait pour objectif de réhabiliter la mémoire collective, de redonner à l’histoire africaine sa vérité et d’ouvrir le débat sur les formes de réparation.
« Nommer les choses » : l’appel de Julien Segbedji
En ouverture, le journaliste Julien Segbedji, directeur de publication du journal en ligne Le Défenseur Info et coordonnateur national du collectif panafricaniste, a dénoncé avec vigueur l’héritage colonial.
« L’histoire de nos peuples porte encore les cicatrices du colonialisme : spoliation, domination, humiliation. Le colonialisme n’a pas seulement pillé nos richesses, il a tenté d’éteindre nos âmes et d’effacer nos mémoires. Mais l’Afrique n’oubliera pas. Aujourd’hui, nous affirmons que la mémoire restera vivante », a-t-il déclaré.
Son intervention a donné le ton d’une rencontre axée sur la vérité historique et la nécessité de justice.
Analyse historique et perspectives de réparation
L’un des temps forts fut la communication de Dr Maman Houlourou, enseignant au département d’histoire de l’Université de Lomé. Dans son exposé, il a rappelé que la colonisation avait bouleversé les sociétés africaines, en les privant de leurs terres, en imposant des cultures d’exportation comme le coton ou le cacao, et en instaurant des modèles sociaux étrangers aux traditions locales.
Il a également insisté sur la dimension de la réparation :
« Reconnaître les crimes du colonialisme et de l’esclavage est un devoir moral et psychologique. Mais il faut aller plus loin, avec des compensations financières et la restitution des objets africains confisqués et exposés dans les musées occidentaux », a-t-il souligné.
Au-delà des conférences, la rencontre a permis des échanges nourris entre universitaires, étudiants, ONG et associations. Les participants ont adopté plusieurs recommandations qui seront transmises aux autorités nationales afin d’alimenter la lutte panafricaniste pour la dignité, la justice et la souveraineté.
Avec cette initiative, le Togo marque son engagement à raviver la mémoire historique et à renforcer le plaidoyer continental pour la reconnaissance et la réparation des crimes coloniaux.
